Des expositions intrigantes à Ottawa et dans les régions du Québec

Lundi 24 novembre 2025
10:28

Matière et modernité

Des expositions intrigantes à Ottawa et dans les régions du Québec

De Rivière-du-Loup à Ottawa en passant par Mashteuiatsh, Joliette et Baie-Saint-Paul, il y en a pour tous les goûts.

« Matière et modernité. L’architecture du Musée du Bas-Saint-Laurent »

Le Musée du Bas-Saint-Laurent de Rivière-du-Loup fête ses cinquante ans. Le bâtiment qui l’abrite, d’une architecture moderne en béton, aussi. « Avec ma co-commissaire Axelle Chevalier-Héroux, qui a repris ses études et étudie l’architecture du musée dans le cadre de sa maîtrise, on s’est dit que ça serait intéressant d’avoir une exposition qui célèbre le bâtiment, puisqu’il est l’un des premiers musées construits au Québec avec la volonté d’être un musée », explique Oriane A.-Van Coppenolle. Trois artistes ont ainsi été invités en résidence artistique afin de créer des œuvres en lien direct avec l’édifice brutaliste.

Virginie Laganière a été inspirée tant par l’enveloppe extérieure du musée que par les humains qui l’ont marqué. De fait, elle les fait dialoguer dans une vidéo d’une vingtaine de minutes qui rassemble des extraits d’entrevues qu’elle a réalisées avec des personnes qui comptent, ou ont un jour compté, dans l’histoire du Musée du Bas-Saint-Laurent. « Il y a toute cette réflexion sur la matérialité du musée et du rythme qui est créé avec la texture du bâtiment », souligne Oriane A.-Van Coppenolle. Intriguée par les collections, l’artiste a également exploré la thématique de l’accumulation.

« Virginie a trouvé des miroirs dans le sous-sol et, grâce à eux, a pu déconstruire l’image du musée pour le penser différemment, sous plusieurs angles. »


Oriane A.-Van Coppenolle

Le travail de Virginie Laganière, qui apparaît très symétrique, contraste avec celui d’Alexia Laferté Coutu, qu’Oriane A.-Van Coppenolle qualifie d’organique. « Elle a utilisé le procédé de l’empreinte, et les formes de ses œuvres sont irrégulières. Il y a quelque chose de très performatif dans le travail d’Alexia, dans la façon dont elle presse le médium sur le mur », indique-t-elle. Pendant son mois de résidence, l’artiste a en effet sondé les singularités du musée à travers ses moulages, mais aussi la photographie qui capture certains détails du bâtiment.

Quant à Vincent Perron, il s’est penché sur l’évolution du musée avec une maquette 3D qui prend en compte les plans de 1974 tout comme ceux de son agrandissement en 1986 et ceux qui n’ont jamais pu être concrétisés. « Il a cette idée de ruine comme quelque chose qu’on célèbre », mentionne Oriane A.-Van Coppenolle. Et, comme un écrin à l’exposition, des extraits du mémoire d’Axelle Chevalier-Héroux ont été apposés sur les murs de la salle avoisinante pour amplifier son propos.

Jusqu’au 8 février.

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